L’expert-comptable n’est pas obligatoire pour liquider une SARL. Aucun texte de loi ne l’impose, ni pour l’établissement des comptes, ni pour la conduite de la procédure de dissolution-liquidation-radiation. Selon compta-online.com, cette obligation légale n’a jamais existé. Les associés peuvent réaliser eux-mêmes l’ensemble des formalités via le Guichet unique de l’INPI et un support d’annonces légales habilité.
Deux situations peuvent toutefois compliquer la démarche autonome : la présence d’un commissaire aux comptes rendue obligatoire par les seuils légaux entrés en vigueur le 1er mars 2024, ou une liquidation judiciaire ordonnée par le tribunal. Dans les deux cas, un professionnel s’impose par voie légale, et la procédure change de nature.
Qui peut être liquidateur dans une SARL
Dans une liquidation amiable, le liquidateur n’est pas nécessairement un professionnel extérieur. Selon annonces-legales.fr, il s’agit dans la majorité des cas du gérant ou d’un associé, désigné par décision collective lors de la dissolution. Cette désignation figure expressément dans le procès-verbal d’assemblée.
Le liquidateur assure ensuite les missions classiques : recouvrement des créances, règlement des dettes, réalisation des actifs et clôture des comptes. Rien dans ces missions n’exige une qualification comptable réglementée. Ce qui peut rendre l’exercice difficile, ce n’est pas l’absence d’expert-comptable, c’est la complexité de la situation financière elle-même.
Les trois étapes pour fermer la SARL soi-même
Étape 1 – Dissolution
Les associés votent la dissolution anticipée de la SARL en assemblée générale. Le procès-verbal consigne la décision, désigne le liquidateur et fixe son siège de liquidation. Une annonce légale de dissolution doit ensuite paraître dans un support habilité. Cette publication est obligatoire ; son contenu est encadré par la réglementation.
Étape 2 – Liquidation
Le liquidateur apure les dettes, recouvre les créances et réalise les actifs. Il établit les comptes de clôture de liquidation, qui font apparaître le boni ou le mali de liquidation. Si un boni existe, il est réparti entre les associés selon les règles statutaires après paiement de la fiscalité applicable. Une seconde annonce légale, relative à la clôture de la liquidation, est publiée à l’issue de cette phase. Pour les SARL tenues au calcul et à la dotation d’une réserve légale, cette réserve s’intègre dans la situation nette à distribuer.
Étape 3 – Radiation
Le liquidateur dépose le dossier de radiation sur le Guichet unique de l’INPI. Ce dépôt marque la fin de l’existence juridique de la société. La radiation est publiée au Registre du commerce et des sociétés.
Checklist dissolution → liquidation → radiation
- ☐ Convoquer l’assemblée générale des associés
- ☐ Voter la dissolution et désigner le liquidateur
- ☐ Rédiger et signer le procès-verbal de dissolution
- ☐ Publier l’annonce légale de dissolution
- ☐ Déclarer la dissolution sur le Guichet unique de l’INPI
- ☐ Recouvrer les créances, régler les dettes, réaliser les actifs
- ☐ Établir les comptes de clôture de liquidation
- ☐ Répartir le boni de liquidation entre associés (si applicable)
- ☐ Publier l’annonce légale de clôture de liquidation
- ☐ Déposer le dossier de radiation sur le Guichet unique de l’INPI
Quand la démarche autonome atteint ses limites
Trois situations justifient de reconsidérer la procédure en autonomie.
Le commissaire aux comptes obligatoire. Depuis le 1er mars 2024, les critères de désignation d’un commissaire aux comptes ont été révisés. Si votre SARL dépasse les seuils légaux en vigueur, un commissaire aux comptes doit intervenir dans la procédure. Ce n’est pas un expert-comptable, mais sa présence modifie le périmètre des formalités. Vérifiez votre situation au regard des critères actuels avant d’engager quoi que ce soit.
La situation financière complexe. Une SARL avec des dettes impayées, des litiges en cours ou des comptes désordonnés rend la liquidation autonome risquée. Juridiquement possible, elle reste exposée à des erreurs de procédure aux conséquences durables pour le liquidateur. Dans ce cas, l’accompagnement d’un comptable ou d’un avocat relève moins de l’obligation que de la gestion du risque personnel.
Le désaccord entre associés. La liquidation amiable suppose un accord. Si les associés ne s’entendent pas sur la dissolution ou la désignation du liquidateur, la procédure peut basculer vers une voie judiciaire. Le tribunal nomme alors un mandataire judiciaire : la conduite autonome n’est plus possible.
La première action concrète à engager est la convocation de l’assemblée des associés pour voter la dissolution. C’est le point de départ légal de toute la séquence. Sans ce vote, aucune des étapes suivantes ne peut être valablement déclenchée.